
Marie a une dizaine d’année en 1955, et elle grandit au Pompidou, un petit village de Lozère. Elle est l’aînée de 8 enfants, elle et sa sœur Fernande, sont les seules filles de cette fratrie. Le dimanche elles vont au temple protestant. Mais jamais ensemble, ça n’est pas possible. La raison c’est qu’il n’y a qu’une seule « tenue du dimanche » manteau et chaussures, qu’elles doivent se partager une semaine sur deux. Malheureusement pour Fernande, qui pourtant est la plus jeune, les chaussures sont trop étroites pour ses pieds et ses orteils sont tous recroquevillés durant l’office. Aujourd’hui encore, ma tante Fernande a mal aux pieds, et elle se plait à raconter cette anecdote. Et Marie, c’était ma maman.
Une telle histoire semble incroyable de nos jours, limite misérabiliste dans notre société consumériste ou l’on se pose, parfois, un peu trop de questions sur la manière d’élever nos enfants. Même si sa vie était bien plus rude, à cette époque, dans ce petit village, je pense qu’elle n’était pas malheureuse, et qu’elle savait s’amuser de petites choses simples.








